Vie transformée 4

UN TEMOIGNAGE DE BAPTÊME

Je voudrais tout d’abord vous dire avant de commencer combien je suis émue et heureuse à la fois d’être ici avec vous. Je vais me faire baptiser et avant, je voudrais vous expliquer comment le Seigneur a permis cela. Comme vous allez le voir, j’étais une vraie brebis égarée qui a fait des tours et des détours avant de retomber dans les bras de son Berger… :

J’ai eu la chance de grandir dans un milieu chrétien, avec des parents qui m’ont appris à connaître le Seigneur. J’ai donc été baptisée à l’âge de 5 ans. J’en garde un souvenir ému. Je suis allée au culte protestant, au catéchisme , et j’ai fait ma confirmation en mai 1986. L’image que j’avais de Dieu était bien sûr Sa tout  puissance, le fait qu’il voyait toutes les bêtises que je faisais, qu’Il nous protégeait et méritait notre crainte ; J’en gardais l’image d’un Grand père sévère et je me suis sentie toujours coupable à cause de mes péchés. Il me semblait inaccessible également.

J’aimais beaucoup aller en vacances en Ardèche, dans une grande maison où mes vieilles tantes officières à l’Armée du Salut habitaient toute l’année. Ma vie fut bouleversée quand elles m’invitèrent le soir à participer au culte quotidien (lecture de la Bible, chants et prières).  J’ai découvert combien elles étaient proches de Dieu et combien elles l’aimaient, l’adoraient et lui faisaient confiance. Elles menaient une vie toute simple, avec le minimum matériel mais de la joie et de la confiance plein le cœur.. Elles louaient et remerciaient le Seigneur comme s’il était au milieu d’elles, invisible, comme s’il était leur Père invisible. J’étais bouleversée par tant de familiarités envers ce Dieu qui prenait la première place dans leur vie. Comment  était ce possible ?Le fait d’être à leur contact et de les écouter me parler de ce que Dieu avait fait dans leur vie  m’a apporté la paix que je n’avais déjà pas à l’époque car j’étais une petite fille nerveuse et très angoissée. Je sentais la Paix de Dieu qui remplissait leur maison et j’ai vécu les moments les plus doux et apaisants de ma vie quand nous nous étions ensemble. Cette maison de vacances, avec mes tantes, au milieu des belles montagnes était devenu l’endroit dont je me languissais toute l’année et j’attendais les vacances avec impatience : Il y avait enfin un endroit où j’arrivais à trouver la Paix.

J’ai vécu quelques années plus tard une adolescence très difficile car je m’étais repliée sur moi même et enfermée dans un monde où Dieu occupait une place assez évanescente et où mon  mal être écrasait mon quotidien. Je m’abrutissais avec les études car il fallait bien avoir un but dans la vie. J’avais peur des autres et j’étais persuadée que je ne méritais l’amour de personne. Ma vie n’avait aucun sens dans le désert affectif où je me trouvais. Je déprimais, passais par des épisodes de boulimie et  d’anorexie.

Je gardais néanmoins l’espoir de pouvoir être aimée lorsque je deviendrai adulte mais je me demandais bien comment ça pouvait être possible parce que je ne m’aimais pas du tout  (physiquement et moralement).

Quand j’ai eu 18 ans avec un premier amour platonique, j’ai cru que tout allait enfin changer… Que je trouverai l’amour qui me manquait tant. Je suis devenue coquette et j’ai cru que c’était gagné. Les échecs furent cuisants dans cette quête de l’amour.

Le sentiment de rejet et d’abandon me faisait souffrir car j’avais un relationnel désastreux avec les autres et je n’arrivais même pas à avoir d’amis. Alors je suis devenue hôtesse de l’air : un métier où on bouge, où on ne croise que des inconnus, un métier de fuite perpétuelle où on ne peut avoir que des relations superficielles.

Et Dieu dans tout ça ? Nous avions des relations rituelles et distantes et je ne savais pas communiquer avec lui sinon que par la prière de façon mécanique et sans convictions. Alors j’étais persuadée qu’Il permettait les situations compliquées dans lesquelles je m’engouffrais et qu’il m’aiderait si ça tournait mal. Et évidemment, je faisais bêtises sur bêtises dans ma quête de l’âme sœur… Alors je ne comprenais pas pourquoi Dieu permettait  tous ces échecs et cette souffrance affective. J’étais en colère contre la terre entière et aussi déçue par Dieu.

Il m’aura fallut des années pour comprendre le « silence » de Dieu….

Mon rêve était de pouvoir devenir hôtesse à bord du Concorde. J’ai réussi après maintes épreuves et ce fut une consécration, ma première réussite. Alors je ne vivais que pour mes vols en Concorde où luxe, prestige et perfection se côtoyaient.

Comme ma vie affective et relationnelle  était un désastre, Concorde a pris toute la place dans ma vie. Je ne vivais que pour cette activité. Le reste je m’en moquais royalement. Concorde a pris toute la place dans mon cœur et dans ma vie. Quand il y a eu le crash du supersonique mon univers factice s’est écroulé. Je n’ai pas pleuré, j’étais bloquée. Je me trouvais encore plus monstrueuse mais j’étais  insensibilisée par la douleur. Tout ce que je voulais c’était ne plus en entendre parler. Je ne reconnaissais plus quand je les rencontrais,  la plupart de mes collègues avec qui j’avais pourtant volé tant de fois à bord du supersonique. C’était une sorte d’amnésie et je n’étais plus moi même… J’étais inconsciente de ce phénomène de déni…

Ma dépression s’est aggravée car je n’avais plus rien… J’étais névrosée, hystérique, irritable, insomniaque, avec des gros problèmes de mémoire, de concentration de raisonnement et  d’anticipation. En plus de ce « blocage cérébral » j’avais  des troubles du comportement alimentaire. Ma vie n’avait plus de sens et j’étais révoltée que Dieu n’ai pas permis que je me trouve dans cet avion où il n’y a eu aucun rescapé…

Ma vie était ratée, mon métier aussi et je ne savais vivre que dans le conflit avec les personnes qui m’entouraient. J’avais envie de mourir. J’ai pensé au suicide mais je savais que c’était désobéir à Dieu. Alors je lui en voulais de me laisser souffrir sur cette Terre.

En 2003, j’ai déménagé et commencé à fréquenter l’Eglise de Claye. C’était assez irrégulier à cause des absences et des insomnies mais j’y retrouvais Dieu. Cependant j’avais très peur du regard des frères et sœurs qui la fréquentaient. Alors je me sauvais dès que le culte était fini pour échapper aux échanges … J’avais tellement peur des autres dans tous les domaines de ma vie y compris à mon travail….

Je me forçais à faire mon métier dans les avions et de formatrice de mon mieux mais je n’en pouvais plus… La terreur des autres me tétanisait et c’était une lutte permanente Je me sentais abandonnée de Dieu et perdue dans la tempête.. Entre deux crises de nerfs, je m’efforçais de prendre soin des autres et de faire le bien. Mais je faisais ça très mal car je me détestais. Comment faire pour pouvoir donner de l’amour aux autres quand on en a pas en soi ? C’est pas gagné…

J’étais à bout de forces et j’ai  supplié Dieu de m’aider. J’ai crié silencieusement dans mes prières pour qu’Il vienne à mon secours. Il m’a exaucée :

L’année dernière, j’ai arrêté d’être hôtesse de l’air pour des raisons de santé, ORL officiellement mais surtout à cause de mon  surmenage du à ma dépression. Je me sentais si seule et perdue dans ma relation avec Dieu qui me semblait si inaccessible…

J’ai pu aller ainsi régulièrement au culte et un jour il y a eu une prédication sur l’exhortation et la consolation mutuelle. Comme j’avais le cœur gros, je me suis mise à pleurer après le culte  et à raconter à tout le monde que je n’allais pas bien du tout. Et à ma grande surprise, j’ai été consolée et entourée d’amour, sans être jugée par ces personnes que je fréquentais depuis 4 ans de façon si superficielle. Alors j’ai commencé à ouvrir  mon cœur aux frères et sœurs et tout à commencé à changer dans mes relations avec eux . J’ai commencé à devenir moi même et à tout partager… Là j’ai vraiment senti que le Seigneur m’envoyait un message où Il me disait qu’Il ne m’avait pas abandonnée et que j’avais ma place dans l’Eglise de Claye et qu’Il me consolait à travers les frères ! J’ai pris conscience que  l’Amour « Agapé » existe non seulement au ciel mais aussi sur Terre.

A ce moment là, j’ai aussi réalisé que je ne savais finalement pas grand chose de Dieu à part les idées que je m’en faisais… Je n’avais aucune conviction sur Sa personne. Qui était Il vraiment ?

Je savais que je serais sauvée si je croyais en Lui et que j’avais intérêt à me tenir à carreau. J’avais le sentiment  que mon salut dépendait de mes misérables oeuvres. Tout ça était très confus : j’avais le sentiment que j’irai au Paradis car je croyais que Jésus avait  pris le poids de nos pêchés sur la Croix mais j’avais le sentiment de le dégoutter et d’être tolérée par lui. J’avais la certitude que ma vie sur Terre serait misérable et que Dieu n’avait aucun plan merveilleux pour moi ici bas.

J’étais incapable de lire ma Bible et me contentais de la maigre nourriture spirituelle de la Bonne Semence… Je ne savais pas comment m’y prendre pour  Lui faire confiance et retrouver la flamme qui brûlait dans mon cœur quand j’étais avec mes vieilles tantes.

Alors  Dieu m’a envoyé « ses petits anges » et a commencé un processus de transformation qui s’opère très lentement en moi. J’insiste vraiment sur le fait que Dieu m’a envoyé Ses messagers et que chaque jour me rapproche davantage de mon Sauveur.

On m’a éclairé sur Dieu, j’ai découvert avec passion Sa Parole et combien Il m’aime malgré mes imperfections et mes faiblesses .Quelle découverte quand j’ai lu le psaume 139 où « on est pour Dieu une créature si merveilleuse » Quand j’ai compris que l’Amour du Seigneur était gratuit et inconditionnel si on croyait en Lui, j’ai été grandement bouleversée ! Ce qui a été très fort aussi c’est de savoir que Dieu avait envoyé son Esprit Saint pour soutenir chacun de ses enfants. Là encore c’est dans le psaume 139 que je l’ai découvert : « Tu m’entoures par derrière et par devant et tu mets TA main sur moi » Ainsi je n’étais jamais seule (moi qui l’avais toujours cru…), Dieu a toujours été avec moi tout au long de ma vie même dans les pires moments où je me croyais abandonnée.

Je ne saurais dater l’événement, car tout s’est fait par étapes : mais j’ai ouvert mon cœur et Sa Paix me remplit de plus en plus. Il y a des moments durs mais je sais qu’Il est là, dans la vallée sombre : »Là aussi Ta main me conduira et ta droite me saisira »Ps 139

Aujourd’hui, je veux donner mon cœur au Seigneur pour qu’il prenne la première place dans ma vie.

Ces derniers mois je faisais très souvent le même rêve : J’étais dans la maison de mes Grandes  Tantes en Ardèche et j’y étais seule car elles sont toutes les deux désormais auprès du Seigneur. Et je les cherchais pour trouver auprès d’elle la Paix de jadis. Parfois je me réveillais en pleurs car la maison était désespérément vide. Parfois l’une d’elle apparaissait dans mon rêve et me disait avec conviction que ce n’était pas en ce lieu qu’il fallait que je cherche et elle ouvrait grand la fenêtre, me disait « oust !! »  puis disparaissait. Alors je me réveillais en larmes sans comprendre pourquoi ma Grand Tante me parlait comme ça dans mes rêves. Comme c’était récurrent, je me suis demandé si il n’y avait peut être pas un message de Dieu et j’y ai réfléchi… Et j’ai compris :

Je crois que ce rêve représentait la recherche de la Paix de Dieu que je n’avais trouvé jusqu’à présent  qu ‘auprès de mes tantes dans  cette petite maison. Dans mon rêve je cherchais à trouver la foi et la spiritualité si forte de mes tantes qui me semblait perdue à jamais puisqu’elles n’étaient plus là. Dieu m’a finalement montré au travers de ces dizaines de rêves que cette Paix, cette Foi et cet Amour, il pouvait me les donner à moi aussi où que je sois sur cette Terre si je m’engageais à le suivre et à faire Sa volonté au lieu d’en faire qu’à ma tête (comme je l’ai toujours fait dans le passé  sans écouter le doux murmure de ses conseils) ! Ce qui explique Son silence que pendanr si longtemps je n’ai pas compris. Mais il est dit dans Jérémie 29 v13 : »Vous me chercherez et vous me trouverez si vous me cherchez de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous ». Et je le cherche…

Dieu m ‘a fait aussi comprendre qu’il fallait arrêter d’être défaitiste par rapport à la vie. Je vous disais plus tôt que j’étais persuadée que ma vie sur Terre ne serait que malheur… Or, ce n’est pas du tout ce que me dit Dieu dans le verset 11 de Jérémie 29 : » Car je connais les projets que j’ai formés pour vous dit l’Eternel, projets de Paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’ESPERANCE »

Et dans Esaïe 25 v12 : Il ajoute : »Vous me prierez et je vous exaucerai .»

C’est un si grand cadeau, une si grande preuve d’amour que j’en suis toute bouleversée. Il suffit juste comme c’est écrit dans l’Apocalypse d’ouvrir notre porte à Dieu, de Le suivre et de se laisser remplir de son amour.

C’est ce que je veux faire : lui ouvrir mon cœur et mon âme et Lui donner la première place dans ma vie. Je suis si attendrie et époustouflée  que Dieu me prenne sous son aile  même si je me sens toute laide et rabougrie dans mon être. Il le dit dans Esaïe : « Tu as du prix à mes yeux … et je T’AIME» C’est ça Son amour, Sa grâce :  JE SAIS DESORMAIS QUE JE SUIS SON ENFANT.

Et je suis convaincue qu’Il va restaurer mon âme comme c’est écrit dans Romains 12 v2 : » Laissez Dieu vous transformer par le renouvellement de votre Intelligence », Je sais qu’Il est en train de  faire de moi une nouvelle personne . Je prie pour que Son Amour rayonne un jour au travers de moi comme il a rayonné au travers de mes tantes de cet amour enveloppant, joyeux et apaisant à la fois. Je suis convaincue que Dieu seul sur cette Terre peut nous combler : Il est la source de vie comme il le dit dans Jean 4v14 : « celui qui boira de mon eau n’aura plus jamais soif ». Depuis que je lui ai donné ma vie, je sais qu’Il m’aide à affronter les épreuves. La vie n’est pas forcément plus simple, j’ai encore beaucoup de moments de faiblesse, de blessures et de problèmes intérieurs à régler. Mes larmes coulent encore mais c’est différent :

Je ne vis plus les choses négatives de la même façon car je sais qu’Il est là, tout contre moi et ça change tout. Je sais qu’ Il veut « que notre cœur cesse de se troubler »Jean 14 v17.

Il me reste tant de chemin à faire, tant de choses à apprendre… :

Je veux apprendre à L’écouter pour pouvoir Le suivre là où Il me conduira en toute confiance. Aujourd’hui je suis ici pour témoigner que je  dis « Adieu «  à mon ancienne vie et m’engage à Le suivre pour   devenir cette nouvelle personne qu’Il veut que je sois. Merci d’être là aujourd’hui avec moi , vous tous mes frères pour partager ce moment qui symbolise la mort de mon ancienne vie et ma nouvelle naissance spirituelle pour suivre le seigneur . Je ne suis qu’un être humain , plein de faiblesses mais ce qui est génial c’est de savoir que Dieu sait à l’avance tous mes futurs péchés et qu’Il me les a déjà pardonnés par Sa grâce. (Waouh !)Je voudrais aussi m’engager envers l’Eglise  pour la soutenir et lui être fidèle. Comme Paul l’a écrit  dans Actes 20 v24 : « Pourvu que j’accomplisse ma route avec joie » pour faire Sa volonté en toutes circonstances et avec joie »

Merci .